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Les complications de l'infection urinaire : de la cystite à la pyélonéphrite

Publié le , 6 min de lecture
Amélie Danaradjou
Infirmière

On parle d’infection urinaire lorsqu’une ou plusieurs parties du système urinaire sont infectées par des bactéries. La plus courante est la cystite et, bien que très désagréable, cette infection urinaire est bénigne (elle ne présente pas de danger) lorsqu’elle est traitée suffisamment tôt. En revanche, une cystite mal traitée peut amener à des complications, en évoluant en pyélonéphrite. Ne vous laissez pas impressionner par son nom : la pyélonéphrite n’est, une fois de plus, pas dangereuse si elle est bien traitée. Avec cet article, vous serez incollable sur la distinction entre cystite et pyélonéphrite, sur les facteurs de risque ainsi que sur les traitements de la pyélonéphrite.

Infection urinaire : faut-il s’en inquiéter ?

Est-ce grave d'avoir une infection urinaire ? 

Plus d’une femme sur deux connaîtra au moins une infection urinaire dans sa vie, mais sa fréquence ne la rend pas moins désagréable. Elle est due à la présence de bactéries (intestinales de type Escherichia Coli, proteus mirabilis, etc.) près de l’anus et remontant jusqu’à la vessie en passant par l’urètre (le canal par lequel l’urine s’évacue). Ces bactéries vont ensuite proliférer dans la vessie. L’infection urinaire n’est, dans la grande majorité des cas, pas dangereuse si elle est traitée rapidement à base d’antibiotiques, prescrits par votre médecin. Dans la majorité des cystites simples (l’infection urinaire la plus courante), une seule prise d’antibiotique est suffisante !

Quand une infection urinaire devient dangereuse ? 

En revanche, une infection urinaire peut mener à des complications et devenir dangereuse si elle est mal (ou pas du tout) traitée. Évitez donc l’auto-médication ou les conseils trouvés sur internet : oui, la prise de canneberge permettrait de prévenir certaines récidives, mais elle n’est pas un traitement en cas de cystite installée ; non, les anti-inflammatoires ne sont pas conseillés car ils peuvent aggraver les infections bactériennes. Une cystite non ou mal traitée peut alors évoluer en une complication appelée pyélonéphrite.

Comment peut-on attraper la pyélonéphrite ?

Les facteurs d’apparition d’une pyélonéphrite aiguë sont les mêmes que celles d’une infection urinaire, car la pyélonéphrite est une complication de la cystite. Elle apparait en effet très souvent à la suite d’une cystite aiguë chez la femme, et à une prostatite aiguë chez l’homme (infection de la prostate). Elle peut aussi être due à une malformation des voies urinaires, qui induisent des infections à répétition. 

Comme l’infection urinaire, ses causes sont multiples : constipation, défaut ou excès d’hygiène uro-génital, certaines pratiques sexuelles (particulièrement anales), ménopause et grossesse, manque d’hydratation, diabète, insuffisance rénale… On la qualifie de pyélonéphrite aiguë (souvent abrégée PNA) car elle s’installe brutalement et guérit en quelques jours grâce au traitement antibiotique, si elle est prise en charge précocement. Cette complication de l'infection urinaire est très fréquente chez la femme (pour cause d’urètre plus court chez la femme que chez les hommes), la femme enceinte et les enfants.

Différencier cystite et pyélonéphrite

Comment différencier infection urinaire et pyélonéphrite ? 

L’infection urinaire et la pyélonéphrite ne touchent pas la même partie du système urinaire. On qualifie la cystite d’infection “basse” : elle consiste en une infection de la vessie, toujours accompagnée d’une infection de l’urètre. La pyélonéphrite, de son côté, est une inflammation “haute” : c’est le rein, l’urètre et le bassinet (la cavité du rein qui collecte les urines) qui sont inflammés. La différenciation de ces deux inflammations se fait grâce à l’observation de vos symptômes et la réalisation de tests.

Comment savoir si une infection urinaire a atteint les reins ? 

Certains symptômes sont spécifiques à la pyélonéphrite. Notamment, vous pouvez vous rappeler un principe simple : si vous avez de la fièvre, vous ne souffrez pas d’une cystite, mais d’une pyélonéphrite. Des examens sanguins permettent également de déterminer si l’infection urinaire a atteint les reins. Ainsi, en cas de doute ou de risque de complication face à une cystite, votre médecin vous prescrira un ECBU, un examen cytobactériologique des urines qui se fait en laboratoire avec un bilan sanguin et, si besoin, une échographie rénale à faire dans les 72 heures. Cette échographie permet de savoir si la pyélonéphrite est liée à un obstacle empêchant les urines de s’écouler.

Dans certains cas bien particulier, c’est un uroscanner qui est réalisé.

Quels sont les symptômes de la pyélonéphrite ?

La pyélonéphrite aiguë se caractérise par la présence de symptômes avant-coureurs et assez discrets d’une cystite…

  • Brûlure mictionnelle : douleur ou sensation de brûlure en urinant, 
  • Miction impérieuse : envie pressante d’uriner,
  • Pollakiurie : besoin fréquent d’uriner de petites quantité d’urines,
  • Hématurie macroscopique : présence de sang dans les urines,

… qui donnent lieu à des symptômes spécifiques à la pyélonéphrite :

  • Fièvre et/ou frissons,
  • Altération de l’état général (avec une importante fatigue),
  • Douleurs abdominales et/ou lombaires unilatérales (d’un seul côté), pouvant irradier vers les organes génitaux. Spontanées ou provoquées à la palpation lombaire.

Pour les femmes enceintes, la douleur aux lombaires ressentie lors de pyélonéphrite est semblable à la douleur de dos habituellement ressentie lors de la grossesse, ce qui peut les amener à négliger ce symptôme. Au moindre doute, consultez un médecin et faites une analyse d’urines. Enfin, pour les enfants ou nouveau-nés, il se peut que la pyélonéphrite ne génère que de la fièvre comme symptôme apparent : face à une fièvre nue, il est facile de réaliser un examen urinaire pour écarter le doute.

Soulager et soigner une pyélonéphrite

Comment soulager une pyélonéphrite ? 

Le meilleur moyen de soulager une pyélonéphrite est de la soigner grâce à un traitement à base d’antibiotiques. Sont généralement aussi prescrits des antalgiques (anti-douleurs) pour atténuer la douleur de la pyélonéphrite. Il est également recommandé de se reposer et de consommer une grande quantité d’eau.

Comment soigner une pyélonéphrite ? 

Soigner une pyélonéphrite commence par son bon diagnostic : examen clinique en cabinet médical ou tests en laboratoire selon les cas. Il n’est pas recommandé de laisser la pyélonéphrite se soigner d’elle-même. En effet, il existe de nombreux risques de complication en cas d’évolution naturelle sans traitement :

  • Risque d’abcès péri-rénal (infection majeure du rein avec collection de pus)
  • Risque de  sepsis ou choc septique (passage de l’infection dans le sang)
  • Risque de pyélonéphrite chronique : destruction progressive du rein pouvant évoluer vers l’insuffisance rénale 

Une fois diagnostiquée, votre médecin vous prescrira un traitement antibiotique dans la majorité des cas, et administré par voie orale. La durée du traitement est souvent de 7 à 10 jours afin de permettre la bonne diffusion du traitement dans le rein. Concrètement, les antibiotiques agissent sur l’infection en stérilisant les voies urinaires. En général, le traitement débute par un traitement probabiliste (probablement efficace sur le germe responsable de la PNA), le temps d’avoir les résultats de l’ECBU indiquant la bactérie responsable de l’infection. Une fois les résultats reçus, le traitement est adapté à la bactérie en question.

Quand consulter pour une pyélonéphrite ?

La pyélonéphrite est bénigne si elle est bien traitée, et suffisamment tôt. Aux moindre symptômes d’infection urinaire, prenez rendez-vous chez votre médecin qui vous conseillera la marche à suivre pour éviter la moindre complication d'une infection urinaire en pyélonéphrite. Si vos symptômes sont ceux d’une pyélonéphrite, ne tardez plus à consulter pour éviter les complications supplémentaires . Votre médecin saura identifier les facteurs à risque et - en plus de vous soigner - pourra vous aider à réduire les chances de récidive. Le traitement étant relativement léger et rapide, le risque de complication n’en vaut pas la chandelle !

La pyélonéphrite est une infection urinaire qui touche les reins. Elle est généralement le résultat d’une complication d’une cystite mal ou non traitée. Elle n’est pas dangereuse si elle est bien traitée, et elle a l’avantage d’être facilement traitée, à l’aide d'antibiotiques. Bien que bénigne (comme la cystite), ne pas la traiter peut amener à d’importantes complications. Il est donc fortement recommandé de consulter votre médecin en cas de doute ou de symptôme. Retenez que la fièvre et les douleurs aux dos, en plus des symptômes de la cystite, sont des indices majeurs de cette infection. Et surtout : ne laissez pas une infection urinaire sans traitement, pour éviter cette évolution désagréable de l’infection.

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