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Hormones et désir - Comment les hormones influent-elles sur la libido ?

Publié le , 6 min de lecture
Victoire Dolin Dolcy
Médecin généraliste

La libido, couramment assimilée au désir sexuel, est influencée par de nombreux facteurs, parmi lesquels les hormones jouent un rôle important. En effet, chez la femme, le désir et la libido évoluent au cours du cycle sous l'effet des hormones.

Zoom sur la libido

La libido, c’est quoi ?

Le terme libido a été utilisé par Sigmund Freud afin de désigner l’énergie des pulsions sexuelles : la libido est donc rattachée à la psychanalyse.

Elle est souvent employée comme synonyme de désir sexuel, bien que sa signification soit en réalité plus large.

Elle peut être définie comme la recherche instinctive du plaisir et, plus spécifiquement, du plaisir sexuel.

Quelles sont les composantes du désir sexuel ?

Le désir sexuel est caractérisé par 3 principales composantes :

  • Une composante biologique.
  • Une composante neuroendocrinienne (liée au système endocrinien, composé de l’ensemble des organes relâchant des hormones dans le sang).
  • Une composante psychoaffective (processus mental faisant intervenir l’affectivité) qui modère les composantes biologique et neuroendocrinienne, particulièrement importante chez la femme.

Désir sexuel spontané vs réactif

On distingue le désir sexuel “spontané” et le désir sexuel “réactif”

  • Désir sexuel spontané : désir lié aux stimulations, aux fantasmes.
  • Désir sexuel réactif : réponse à l’excitation physique.

Comprendre les réactions sexuelles

Comprendre les réactions sexuelles : une réponse en plusieurs phases

Il existe plus d’un modèle expliquant les réactions sexuelles. L’un des plus utilisés est celui de Masters & Johnson, selon lequel la réponse sexuelle de la femme et de l’homme se déroulerait en quatre phases :

  • Excitation
  • Plateau
  • Orgasme
  • Résolution

D’autres modèles comme celui de Kaplan soulignent l’importance du désir comme acteur principal de la réponse sexuelle de la femme et réorganisent les phases autour de celui-ci :

  • Désir
  • Excitation
  • Orgasme

Comprendre les réactions sexuelles : une réponse non linéaire chez la femme

Des modèles plus récents suggèrent que les trois phases de la réaction sexuelle féminine ne s’organisent pas de manière linéaire, mais de manière circulaire. Ceci met en évidence les nombreuses interactions ayant lieu lors de la réponse sexuelle chez la femme, en particulier neurohormonales.

Il y a-t-il des similitudes entre le désir sexuel chez la femme et chez l’homme ?

Oui : on trouve des similitudes en ce qui concerne l’activation de certaines régions cérébrales dans des situations de désir sexuel.

Par ailleurs, la sensibilité génitale est permise par les mêmes voies nerveuses chez la femme et chez l’homme. Enfin, les neurotransmetteurs sont les mêmes pour la femme et l’homme : dopamine, ocytocine, sérotonine.

Il y a-t-il des différences entre le désir sexuel chez la femme et chez l’homme ?

Oui : les désirs masculin et féminin pourraient différer sur certains points :

  • Chez l’homme, le désir serait plutôt façonné par un schéma de besoin/récompense et se focaliserait sur le mécanisme du rapport sexuel.
  • Chez la femme, le désir serait façonné par un réseau complexe en miroir et se nourrirait des émotions ressenties.

Bien sûr, cela ne signifie pas que le désir masculin n’est pas influencé par les émotions, ou que le désir féminin n'est pas stimulé par le rapport sexuel en lui-même.

Et les hormones ?

Au niveau cérébral, l’expression de la motivation sexuelle, la libido est influencée par différentes hormones :

  • La dopamine.
  • D’autres hormones comme l’ocytocine mais aussi la prolactine.
  • Les hormones sexuelles : œstrogènes et androgènes.

Toutes ces hormones peuvent avoir un effet positif ou négatif sur la libido.

La dopamine

La dopamine, c’est quoi ?

La dopamine est aussi appelée “hormone du bonheur”. C’est un neurotransmetteur, c’est-à-dire un médiateur chimique libéré par un neurone. Elle permet donc au neurone de transmettre des messages en se fixant sur d'autres cellules nerveuses.

Le rôle de la dopamine dans le désir sexuel

Chez la femme, la dopamine modère directement ou indirectement le désir sexuel par l’intermédiaire de la prolactine, une autre hormone. La recherche scientifique a corrélé une baisse de la libido à un taux bas de dopamine.

Action de la dopamine sur la prolactine et sur le désir sexuel

La prolactine est une hormone sécrétée par l’hypophyse, glande endocrinienne située dans le cerveau. Une concentration trop élevée de prolactine entraîne une diminution du désir sexuel et de la libido.

L’une des actions de la dopamine est de freiner la libération de prolactine, favorisant donc des taux bas de cette hormone et un plus grand désir sexuel.

Les facteurs déterminant les niveaux de dopamine

Les niveaux de dopamine sont boostés par :

  • L’action des aires du cerveau impliquées dans l'olfaction (odorat), la mémoire et les émotions.
  • Son intervention dans le système lié à la recherche de plaisir, que l’on appelle système de récompense.
  • La présence du partenaire sexuel.
  • L’acte sexuel.

L'ocytocine

L’ocytocine, c’est quoi ?

L'ocytocine est une hormone sécrétée par l’hypothalamus, une région du cerveau, qui se trouve au dessus de l'hypophyse et avec qui elle interagit.

Cette hormone est libérée en réponse aux stimulations de la zone génitale. Elle augmente durant la phase d’excitation et pendant l’orgasme, en fonction de l’intensité de ce dernier.

Ocytocine et plaisir

Son action ne se limite pas seulement à l’orgasme puisque l’ocytocine est aussi libérée après la stimulation du col de l’utérus lors de l’accouchement et après succion du mamelon pendant l’allaitement.

Elle est ainsi surnommée “hormone de l'amour" (ou de la tendresse) puisqu’elle participe aux comportements affectueux dans les interactions non sexuelles.

Les hormones sexuelles : les œstrogènes

Les œstrogènes, c’est quoi ?

Les œstrogènes sont des hormones sécrétées en majeure partie par l’ovaire. Ils peuvent parfois être produits par les cellules lipidiques (tissus graisseux) en cas d’excès de gras et par les glandes surrénales (glandes du système endocrinien, responsable du relâchement des hormones dans le sang, qui se trouve au-dessus des reins).

Action au niveau du cerveau

Au niveau cérébral, les œstrogènes (hormones sexuelles) modèrent la libido chez la femme en influant directement sur les neurones de l’hypothalamus, la région du cerveau qui sert de pont entre le système nerveux et le système endocrinien.

C'est pourquoi de nombreuses femmes voient booster leur désir sexuel vers l’ovulation, phase du cycle qui correspond au pic d’œstrogènes. Le corps humain est bien fait !

Action sur la peau

Les œstrogènes sensibilisent aussi la peau, ce qui participe à l’intensification des stimuli sexuels externes.

Effet de lubrification

Les œstrogènes influencent aussi la trophicité vaginale, c’est-à-dire la souplesse du vagin, notamment grâce à un effet de lubrification. En effet, les œstrogènes participent au maintien de la lubrification naturelle du vagin.

Cela explique ainsi la sécheresse vaginale qui caractérise certaines phases de la vie génitale durant lesquelles le taux d’œstrogènes diminue (ménopause, grossesse, post-partum, allaitement).

Et la progestérone ?

La progestérone est la seconde hormone féminine sécrétée par les ovaires. Néanmoins, son rôle dans la réponse sexuelle féminine et la libido est encore méconnu.

Les hormones sexuelles : les androgènes

Les androgènes, c’est quoi ?

Les androgènes sont les hormones responsables de l’apparition des caractères sexuels secondaires (pilosité, poussée des organes reproducteurs…) chez l’homme (comme les œstrogènes le sont chez la femme).

Néanmoins, cette hormone est aussi sécrétée en plus petites quantités par les ovaires et les glandes surrénales chez la femme, et joue un rôle dans les variations de la libido. Le principal androgène (et le plus connu) est la testostérone.

Testostérone et désir sexuel

La testostérone stimule le désir sexuel et la libido en agissant au niveau du cerveau.

Evolution de la testostérone au cours du cycle menstruel

La concentration de testostérone dans le sang est à son pic au moment de l’ovulation. Elle est plus élevée durant la deuxième phase du cycle (phase lutéale) que durant la première phase (phase folliculaire).

Que ce soit la dopamine, la prolactine, l'ocytocine ou encore les hormones sexuelles (oestrogènes et progestérone en grande partie, mais aussi testostérone et androgène, sécrétée en plus petite partie), les hormones jouent un rôle indéniable dans la variation du désir sexuel au cours du cycle chez la femme.

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