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L'ostéoporose

Publié le , 7 min de lecture
Amélie Danaradjou
Infirmière

L’ostéoporose est une maladie généralisée du squelette qui fragilise les os et augmente ainsi les risques de fracture. Très courante, cette maladie est à l'origine de près de 400 000 fractures en France chaque année. Elle touche principalement les femmes : presque 2 femmes sur 5 en sont atteintes à l'âge de 65 ans. Cette prédominance féminine s’explique par l’existence de la ménopause, qui accélère la perte osseuse. Cette maladie silencieuse n’est parfois détectée qu’aux premières fractures anormales, c’est pourquoi il est important d’en connaître les facteurs de risques, symptômes et traitements. Cet article vous donnera des éléments concrets pour comprendre la maladie et en prévenir l’apparition.

Ce qu’il faut savoir sur l’ostéoporose

Qu’est-ce que l’ostéoporose ?

Pour bien comprendre l’ostéoporose, il importe de faire un point sur la construction de nos os. L’os est un tissu vivant qui se reconstruit en continu, afin de préserver sa solidité : c’est ce que l’on appelle le remodelage osseux. Ce remodelage est le fruit d’une collaboration entre des cellules (ostéoclastes) qui détruisent l’ancien os, et d’autres (ostéoblastes) qui fabriquent le nouvel os. La masse osseuse (la part du poids constitué par les os du squelette) augmente rapidement pendant la croissance jusqu'à se stabiliser, puis réduire autour des 45 ans. En vieillissant, la masse osseuse diminue car il y a un déséquilibre du cycle résorption / formation osseuse.

Cette diminution de la masse osseuse avec l’âge est naturelle, et n’a pas toujours de conséquences graves. En revanche, dans certains cas, la résorption osseuse s’accélère, sans que la formation osseuse n’arrive à compenser cette perte. C’est dans ces cas que l’on observe l’ostéoporose, une maladie qui touche l’ensemble du squelette et fragilise les os. L’ostéoporose diminue à la fois la densité des os (la quantité de calcium), et la masse osseuse. Moins denses et avec une structure interne détériorée, ils sont moins résistants aux chocs et se fracturent plus facilement.

Quelles sont ses causes ?

Les causes de l’ostéoporose sont multiples, et on ne peut les réduire au simple vieillissement. Les principales causes sont :

  • La baisse de la production d’hormones sexuelles avec l’âge (œstrogène et androgène) qui contrôle le remodelage osseux et favorisent la formation d’os nouveau.
  • La ménopause (pour les mêmes raisons : baisse de production d’oestrogènes)
  • Les antécédents médicaux : des fractures à l’âge adulte, une immobilisation prolongée, une carence en vitamine D ou en calcium, la prise de certains médicaments (corticoïdes notamment)
  • Les antécédents familiaux de fracture du fémur ou d’ostéoporose,
  • La consommation de tabac ou d’alcool,
  • Les autres facteurs de risque : une masse corporelle insuffisante (IMC < 19 kg/m2), certaines maladies endocriniennes, une insuffisante activité sportive, le risque de chutes (trouble de la vue, neuromusculaire ou orthopédique)…

Les femmes sont particulièrement touchées par l’ostéoporose : elle est 2 à 3 fois plus fréquente chez la femme, à cause de la ménopause et de la privation hormonale qui en découle. La maladie touche les hommes plus tardivement mais plus sévèrement. Après 50 ans, 1 femme sur 2 et 1 homme sur 5 auront une fracture ostéoporotique au cours de leur vie.

Reconnaître l’ostéoporose

Comment savoir si l'on a de l'ostéoporose ?

L’ostéoporose est une maladie silencieuse : elle n’est parfois détectée qu’aux premières fractures anormales, après 50 ans. Par fracture anormale, on entend une fracture survenant à la suite d'un traumatisme minime, comme une chute de sa hauteur. Les principales fractures ostéoporotiques atteignent les vertèbres, le col du fémur, la hanche, le poignet, l’humérus et l’épaule. A la suite de cette fracture, on mesure la densité osseuse grâce à des examens médicaux, qui permettent d’établir le diagnostic.

Quels sont les symptômes de l’ostéoporose ?

Au début de son évolution, l’ostéoporose ne provoque aucun symptôme visible. En se développant, elle provoque les premiers symptômes qui sont généralement des fractures causées par des chutes, ou simplement suite à la descente d’un trottoir ou une forte toux. Les douleurs dorsales et cervicales sont un autre symptôme, lié au premier : des fractures peuvent tasser la colonne vertébrale et pincer les nerfs émergeant de la moelle épinière. Cette affaissement des vertèbres peut entraîner réduction de taille (3 à 4 cm perdus) et posture voûtée (cyphose).

Cela provoque-t-il des douleurs ?

L’ostéoporose provoque des douleurs liées aux fractures lors de traumatismes minimes. D’autres douleurs liées au tassement de la colonne vertébrale peuvent également apparaître.

Quelles sont les conséquences de l’ostéoporose ?

Cette maladie du squelette induit un risque de fracture élevé, qui peut avoir de sérieuses conséquences sur la qualité de vie du malade. Factures de la hanche, de l’humérus, des poignets… sont autant de fractures qui peuvent sérieusement remettre en cause l’autonomie d’une personne. Et ce, particulièrement lorsque ces fractures surviennent dans des situations quotidiennes et habituellement non traumatiques (comme descendre des escaliers, ou avoir une quinte de toux). Notons que parmi les plus de 60 ans, seul un patient sur deux retrouve une mobilité normale de la hanche après une fracture du col du fémur. L’ostéoporose génère donc des handicaps qui nuisent à l’autonomie des personnes atteintes. De plus, les fractures sévères comme celles du fémur entraînent un excès de mortalité.

Détecter l’ostéoporose par un examen

Quel examen pour détecter l'ostéoporose ?

Il n’est pas nécessaire d’attendre la première fracture pour détecter l’ostéoporose ! En effet, les médecins peuvent diagnostiquer la maladie grâce à un examen qui permet de mesurer la densité minérale osseuse (DMO) et le degré de gravité de la maladie. Cet examen s’appelle l’ostéodensitométrie (examen semblable à une radio).

A cela s’ajoute naturellement l’analyse des facteurs de risques chez le patient. Nous l’avons vu : la vieillesse seule n’explique pas le développement de la maladie, mais de nombreux facteurs de risques peuvent être identifiés. C’est d’ailleurs en général par un interrogatoire détaillé que commence le diagnostic de l’ostéoporose, et la mesure de la DMO vient dans un second temps si le risque semble élevé.

Comment se passe un examen pour l'ostéoporose ?

L’examen pour l’ostéoporose, l’ostéodensitométrie, consiste à exposer l’os à une très faible quantité de rayons X. La mesure est simple : plus l’os est dense, plus il absorbe les rayons X. Cette mesure est faite sur le rachis (colonne vertébrale) et le col du fémur, et dure moins de 15 minutes. Plus la DMO est faible, plus le risque de fracture est élevé.

La DMO ne suffit pas, mais elle est intégrée à d’autres mesures et facteurs de risque afin d’établir un diagnostic précis sur le niveau de risque. L’OMS (Organisation mondiale de la santé) a développé un outil intégrant 12 paramètres, parmi lesquels on retrouve la DMO, l’âge, le poids, la consommation de tabac et d'alcool, la présence de carences en vitamine D et calcium, les traitements précédemment reçus, les antécédents de fractures chez le patient ou ses parents, les maladies chroniques associées… Cet outil s’appelle le FRAX® (test de risque d’ostéoporose) et il mesure la probabilité, dans les 10 ans à venir, que survienne une fracture ostéoporotique. Ce diagnostic précis est essentiel afin de proposer le traitement le plus adapté au patient et son niveau de risque associé.

Quels sont les traitements de l’ostéoporose ?

Les traitements de l’ostéoporose dépendent du niveau de risque diagnostiqué, et ils visent à renforcer la solidité du tissu osseux. Si la base du traitement repose sur des règles hygiéno-diététiques (que nous détaillerons dans l’encart suivant), il existe des traitements médicamenteux qui sont recommandés en cas de risque important de fracture. Ceux-ci permettent de réduire jusqu'à 70% le risque de fracture vertébrale et 50% celui de fracture fémorale.

L’action de ces médicaments est soit de :

  • Freiner la résorption osseuse (bisphosphonate, le raloxifène et le dénosumab). Il s’agit de comprimés.
  • Stimuler la formation osseuse (tériparatide). Ce médicament est administré en injections sous-cutanées quotidiennes, et est réservé aux formes sévères de la maladie.

Les biphosphonates sont les plus courants. Le traitement de l’ostéoporose est un traitement long (plusieurs années) et doit être pris sans interruption, même si la personne n’a pas de fracture.

Comment prévenir l’ostéoporose ?

Le traitement de l’ostéoporose se repose essentiellement sur des règles hygiéno-diététiques :

  • Des apports en calcium satisfaisants (entre 1000 et 1300 mg par jour via les produits laitiers notamment). Les eaux riches en calcium sont Contrex, Hépar, Courmayeur. Pour rappel, 300 mg de Calcium = 1/4 de litre de lait = 2 yaourts = 300g de fromage blanc = 10 petits-suisses = 30 g d' emmental ou de comté = 80 g de camembert = 1 chou vert de 850g = 150ml d’eau Hepar = 80g de sardines entieres en conserve. Vous pouvez calculer votre quantité journalière d’apport en calcium sur ce site.
  • Un taux de vitamine D dans le sang correct (avec une exposition solaire suffisante) afin de permettre d’assimiler et fixer le calcium. Pensez aux poissons gras, oeufs, produits laitiers non écrémés enrichis en vitamine D.
  • Maintenir une bonne activité physique « en charge » (activités où les jambes et les pieds portent le propre poids du corps) est indispensable pour favoriser la formation osseuse. Marche, jogging, danse, sports de ballons et raquette sont recommandés.
  • Aider à arrêter l’alcool et le tabac.
  • Prévenir les chutes. Vous pouvez faire ce test sur les risques de chute, afin de réduire au maximum les facteurs de fracture.

La prévention de l’ostéoporose passe également par les traitements médicamenteux cités ci-dessus. Cependant, on observe une baisse des prescription de ces traitements : seule 56% des femmes qui devraient être traitées le sont réellement. La majorité d’entre elles n’ont pour seul traitement qu’une supplémentation en calcium et en vitamine D. Il semble que les traitements anti-ostéoporotique sont de plus en plus réservés aux femmes à haut risque. Pourtant, on manque de preuve sur l’efficacité réelle de la simple supplémentation pour prévenir les fractures.

L’ostéoporose est une maladie silencieuse du squelette qui est très souvent diagnostiquée une fois bien installée, au moment de la première fracture osseuse non traumatique. Les femmes y sont particulièrement sujettes, surtout à partir de la ménopause (découvrez nos autres articles à ce sujet sur le blog !). L’âge est un facteur mais ce n’est pas le seul, et il existe un grand nombre de facteurs de risque à surveiller. Ceux-ci permettent d’établir un diagnostic et de mettre en place des modifications du mode de vie (en surveillant particulièrement les apports en calcium et vitamine D), une prévention des risques de chute et des traitements anti-ostéoporotiques.

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