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La pré-ménopause

Publié le , 6 min de lecture
Véronique Cayol
Gynécologue-obstétricienne

La pré-ménopause peut être une période un peu déconcertante dans la vie d’une femme. Pas de panique cependant, toutes les femmes sont passées et passeront par là ! Le corps subit de nombreux changements et certains symptômes (cycles irréguliers, bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, etc.) peuvent faire leur apparition. Ne vous affolez pas : cet article résume tout ce que vous devez savoir sur la pré-ménopause.

Quel est l’âge de la pré-ménopause ?

En règle générale, les premiers symptômes de pré-ménopause surviennent environ 3 à 5 ans avant la ménopause. Évidemment, cela varie d'une personne à l'autre : dans certains cas, la pré-ménopause peut commencer jusqu’à 10 ans avant la ménopause ! Comme pour la ménopause, l’âge du début de la pré-ménopause n’est pas fixe : il varie entre 40 et 45 ans. En cas d’arrêt des règles avant cette période, on parle d’insuffisance ovarienne prématurée : il est nécessaire de consulter un médecin.

Bon à savoir : divers facteurs comme l’hérédité, le tabac, l’obésité ou la malnutrition peuvent influencer l’âge de la pré-ménopause. Une ablation de l’utérus avec conservation des ovaires peut également être à l’origine d’une pré-ménopause précoce. L’âge de la puberté, le nombre d’enfants, l’âge lors de la dernière grossesse, la prise de pilule contraceptive et la pratique de PMA n’ont, quant à eux, aucun impact sur l’âge de la pré-ménopause.

Combien de temps dure la pré-ménopause ?

La pré-ménopause est un état transitoire qui peut s’étendre de 3 à 5 ans avant la ménopause. La durée de la pré-ménopause n'est donc connue qu'à posteriori, aucun élément ne nous permettrait de la prédire ! Pour rappel, la ménopause est diagnostiquée au bout de 12 mois sans règles. Au-delà de 5 ans, il n’y a pas d’inquiétude à avoir : il se peut tout simplement que le corps ait besoin de plus de temps pour s’adapter à la transition.

Physiopathologie de la pré-ménopause : que se passe-t-il dans le corps ?

La pré-ménopause se déroule en deux phases qui amènent progressivement vers la perte des fonctions exocrine (production d’ovules) et endocrine (fabrication d'œstrogène et de progestérone) de l’ovaire.

Pour bien comprendre le mécanisme de pré-ménopause, il faut bien avoir en tête le fonctionnement hormonal des ovaires. Stimulés par l’hormone folliculo-stimulante (FSH) et l’hormone lutéinisante (LH), les ovaires fabriquent de manière successive des œstrogènes et de la progestérone qui participent au bon déroulement des cycles hormonaux pendant la période de fertilité de la femme.

Etape n°1 : la phase “hyper-œstrogénique”

Dans le corps, le début de la pré-ménopause se caractérise par une augmentation du taux plasmatique de FSH. Cette élévation entraîne alors une hyperstimulation des ovaires, qui a deux conséquences majeures :

  • Le raccourcissement du cycle : la diminution graduelle du nombre de follicules ovariens (les petits sacs contenant les ovules) provoque une maturation folliculaire accélérée.
  • L’hyper-œstrogénie relative : la sécrétion élevée d’œstrogènes, induite par la FSH, est en déséquilibre avec celle de la progestérone, induite par la LH.

Au cours de cette phase, il y a bien ovulation, mais de moins bonne qualité : le follicule ovarien après l'ovulation, appelé corps jaune, devient “inadéquat”. Cette perturbation participe à la baisse de la fécondité.

Etape n°2 : la phase “hypo-œstrogénique”

Les follicules ovariens sont de moins en moins nombreux et perdent en fonctionnalité, témoignant de l’épuisement de l’ovaire. Attention, cela ne signifie pas que le risque de grossesse est de zéro : il peut arriver que certains follicules fonctionnent correctement !

Ces perturbations provoquent l’arrivée de nouvelles phases dites d’hypo-œstrogénie qui viennent s’opposer aux phases précédentes d’hyper-œstrogénie. En hypo-œstrogénie, la production insuffisante d’œstrogènes se traduit par une anovulation et, par conséquent, un allongement du cycle. A l’inverse, lors des phases persistantes d’hyper-œstrogénie, c’est la maturation trop rapide du follicule qui raccourcit la durée du cycle.

Quels sont les symptômes de la pré-ménopause ?

Les symptômes gynécologiques

Les modifications de cycles lors de la pré-ménopause sont principalement dues à l’alternance entre des phases hyper- et hypo-œstrogéniques, responsables respectivement du raccourcissement ou de l’allongement du cycle. L’enchaînement de ces deux phases contradictoires peut ainsi provoquer des règles irrégulières, dans leur durée comme dans leur abondance, mais aussi des sauts de cycles pouvant s’étendre sur plusieurs mois.

Les signes tels que les seins tendus ou douloureux et le ballonnement abdominal apparaissent lors des phases d’hyper-œstrogénie.

Les symptômes généraux

En lien avec les fluctuations hormonales qui bouleversent le fonctionnement de certains organes, d’autres troubles plus généraux peuvent apparaître à la pré-ménopause.

Affecté par ces modifications hormonales, l’hypothalamus peine à réguler la température du corps, ce qui participe à l’arrivée de symptômes inévitables comme les sensations de chaleur, allant parfois jusqu'à des bouffées de chaleur. Ces dérèglements corporels peuvent être à l’origine de troubles du sommeil ou d’insomnie.

Le faible niveau d’œstrogènes déclenche aussi la libération d’une enzyme au rôle clé dans la formation de graisse (l’ALDH1), qui favorise la prise de poids et le stockage des graisses au niveau du ventre.

L’incidence des migraines étant inversement corrélée au taux d’œstradiol, la chute brutale du nombre d’œstrogènes est un facteur déclencheur de l’aggravation des migraines cataméniales (migraines liées au cycle menstruel).

Les symptômes cognitifs

Les variations hormonales, la fatigue et les changements corporels peuvent expliquer les troubles psychiques susceptibles de survenir lors de la pré-ménopause, à savoir : sautes d’humeur, irritabilité voire anxiété.

En cas de suspicion de pré-ménopause : Faut-il faire une prise de sang ? Quel bilan hormonal réaliser ?

Le diagnostic de la pré-ménopause ne repose pas sur la biologie : un interrogatoire et un examen physique suffisent. Une prise de sang ne donnera aucune information car les taux plasmatiques des hormones sont trop instables d’un jour à l’autre pendant la phase de pré-ménopause. De même pour les bilans hormonaux, ils ne sont en général d’aucun secours pour aider à la prise en charge des symptômes de la pré-ménopause. En effet, les dosages hormonaux, du fait de grandes fluctuations, peuvent saisir un moment de normalité ou d’anormalité, non conforme à la réalité clinique, et de ce fait, égarer le clinicien !

Ces examens peuvent cependant s’avérer utile dans certaines situations particulières : chez la femme qui n’a plus d’utérus par exemple, afin de s’assurer de la persistance ou de l’arrêt de la production hormonale et de savoir si la ménopause est installée ou non.

Quel est le traitement de la pré-ménopause ?

Les symptômes gynécologiques de la pré-ménopause, liés à une carence en progestérone, peuvent être soulagés par un traitement à base de progestérone entre le 15ème et le 25ème jour après le début des règles. Ces traitements sont symptomatiques pour aider à supporter les désagréments induits par les déséquilibres hormonaux et ne sont prescrits que si les symptômes sont gênants : cycles très irréguliers, règles abondantes…

Les symptômes non hormonaux de la pré-ménopause, comme les bouffées de chaleur, peuvent être soulagés par des traitements homéopathiques contenant des phyto-œstrogènes ou par des traitements thérapeutiques : vitamine E, bêta-alanine ou clonidine.

Comment bien vivre la pré-ménopause ?

Le déclenchement de la pré-ménopause est une période de transformation corporelle qui nécessite une adaptation des règles hygiéno-diététiques. Pour mieux vivre cette phase et limiter l’apparition des symptômes, il est conseillé :

  • De pratiquer une activité physique régulière, comme par exemple, 30 à 45 min de marche rapide quotidienne ;
  • D’arrêter le tabac et l’alcool ;
  • D’avoir une bonne hygiène alimentaire : privilégier un régime équilibré et pauvre en graisse ;
  • De limiter le café et le sucre.

Le meilleur conseil étant d’avoir un suivi gynécologique annuel, notamment au sujet de la contraception. Bien que l'éventualité d'une grossesse diminue avec l'âge, la contraception doit être poursuivie jusqu'à la certitude de la ménopause.

Vous connaissez maintenant tout de la pré-ménopause ! Dès l'apparition des premiers symptômes, il ne faut surtout pas hésiter à consulter un médecin !

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