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Les traitements de la ménopause

Publié le , 7 min de lecture
Amélie Danaradjou
Infirmière
Véronique Cayol
Gynécologue-obstétricienne

La ménopause touche toutes les femmes, qu’elle survienne soudainement pour certaines ou après des années de pré-ménopause pour d’autres ! Si nous ne sommes pas toutes traitées à la même enseigne, il existe néanmoins des points communs dans les symptômes et les différents traitements. Pas de panique, suivez le guide.

Rappels sur la ménopause

La ménopause touche toutes les femmes, en moyenne autour de 50 ans (1 an plus tôt chez les femmes fumeuses). Si elle est due à l’arrêt de fonctionnement des ovaires, on la définit cliniquement comme l’absence de règles pendant au moins 1 an. La ménopause est ensuite confirmée pendant un entretien médical.

Avant la ménopause, les ovaires sécrètent des oestrogènes. Avec l’arrêt du fonctionnement des ovaires, la carence en oestrogènes cause les symptômes suivants : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, troubles uro-génitaux (sécheresse vaginale, fuites urinaires, infections).

À ceci s’ajoutent des conséquences sur les os et au niveau des articulations, avec une perte de masse osseuse et des risques d’ostéoporose, ainsi que des conséquences neuropsychiques.

Bien documentés, ces symptômes neuropsychiques sont variables : symptômes dépressifs, anxiété, baisse de la libido, difficultés de concentration, irritabilité. Et tous ces symptômes peuvent interagir entre eux : les sueurs nocturnes peuvent par exemple déclencher des insomnies et donc de la fatigue et des difficultés de concentration.

Ces manifestations physiques de l’absence d’oestrogènes s’arrêtent naturellement au bout de quelques années (certaines femmes malchanceuses souffrent de bouffées de chaleur pendant plus de dix ans). La ménopause n’est pas une maladie, puisqu’elle survient de façon inévitable chez toutes les femmes, mais tous ces symptômes peuvent être largement améliorés, voire supprimés. Cela nécessite des mesures, et donc un traitement, hormonal ou non, ou des mesures hygiéno-diététiques.

Il s’agit alors d’éviter les effets secondaires immédiats liés au manque d’oestrogènes, qui sont des conséquences à court terme, comme les bouffées de chaleur, mais aussi de prévenir des risques à plus long terme, comme l’augmentation du risque cardiovasculaire et la déminéralisation osseuse. Nous allons détailler les traitements et mesures que vous pouvez mettre en place.

Traitements hormonaux

Un traitement efficace contre les symptômes et désagréments de la  ménopause est le traitement hormonal de la ménopause (THM) aussi appelé traitement substitutif, c’est-à-dire l’administration d’oestrogènes pour compenser leur absence dans le corps de la femme ménopausée. Ce traitement est associé à un traitement progestatif (l’administration de progestérone naturelle ou son dérivé ) pour éviter la prolifération de l'endomètre (c’est-à-dire de la muqueuse utérine) sous l’effet de l' oestrogène. Les risques de cancer de l’endomètre sont accrus en cas d’absence de traitement progestatif.

Les bénéfices de ce traitement sont nombreux : suppression des bouffées de chaleur, sueurs nocturnes et de la sécheresse vaginale, amélioration  de la libido, de l’humeur et des troubles du sommeil. A plus long terme, on constate une diminution moindre de la masse osseuse et une diminution de l’incidence des fractures ostéoporotiques. En effet, cela entraîne une protection contre l’ostéoporose, qui dure le temps du THM, la masse osseuse diminuant ensuite. 

Ces bénéfices du THM, surtout à court terme donc, s'accompagnent d’une augmentation de certains risques. Le risque de cancer du sein est légèrement accru avec un THM plutôt que sans. Cet accroissement se résorbe en deux ans après l’arrêt du THM. En revanche, plus le traitement est prolongé, notamment au-delà de cinq ans, plus le risque est significatif. Les accidents veineux thromboemboliques (soit les phlébites, les embolies pulmonaires et les accidents vasculaires cérébraux ischémiques) sont également plus nombreux sous THM, bien qu’il semble possible de diminuer ce sur-risque par une administration par voie transcutanée des oestrogènes. 

Mais ne vous affolez pas ! C’est bien parce que ces risques existent que le choix de suivre un THM ne se fait qu’après un interrogatoire et un bilan clinique rigoureux. L’interrogatoire porte principalement sur les antécédents personnels et familiaux de cancers ou de risques thromboemboliques, et le bilan est général : examen clinique, bilan sanguin, et mammographie. Il faut pouvoir caractériser l’importance des signes de carence oestrogénique : on ne choisit un THM que lorsque les symptômes de la ménopause sont gênants au point d’altérer la qualité de vie. Une nouvelle consultation est prévue au bout de 3 à 6 mois, afin d’évaluer le traitement et de confirmer le bon dosage de l’œstrogénothérapie. Il faudra ensuite réaliser un examen clinique tous les 6 à 12 mois, une mammographie tous les 2 ans et un frottis cervicovaginal régulièrement. D’autres examens complémentaires, comme une échographie pelvienne ou une hystéroscopie, peuvent être nécessaires.

Le rapport bénéfice/risque du THM est à réévaluer tous les ans, et, lorsqu’il est décidé, l’arrêt du traitement peut se faire de manière progressive, s’il est ainsi mieux supporté. 

Les oestrogènes sont administrés par voie orale (comme Oromone®  ou le Progynova®) ou cutanée sous forme de gel à appliquer sur les avant bras (Estreva® ou Oestrodose®), sous forme de patch (Estrapatch®, Femsept®), et les progestatifs (comme Utrogestan® ou Progestan®) uniquement par voie orale.

Traitements non-hormonaux

Il en existe plusieurs, le plus spécifique contre les symptômes vasomoteurs (les bouffées de chaleur) est à base de bêta-alanine. Chez certaines femmes cet acide aminé inhibe totalement les bouffées de chaleur. La bêta-alanine est recommandée par la Haute Autorité de Santé dans le cas où la femme ne suit pas un THM ou si sa dose ne peut être augmentée alors qu’elle a toujours des bouffées de chaleur.

Et pour vous qui vous demandez si on peut se soigner par les plantes : effectivement, un certain nombre de médicaments phytothérapeutiques sont réputés efficaces contre les bouffées de chaleur. Une étude suisse les classe comme suit. Des extraits du rhizome de l’actée à grappes noires (Cimicifuga racemosa) réduisent significativement les bouffées de chaleur chez les patientes pré-ménopausées atteintes d’un cancer du sein. Il y a cependant besoin de plus d’études sur ce traitement potentiel. Les tubercules de maca, les produits à base de protéine de soja et les acides gras oméga-3 contribuent à diminuer les bouffées de chaleur, sans que toutes les études concordent. Enfin, la crème d’extrait de racine d’igname, le Dong Quai, l’huile de graines d’onagre, l’extrait de graines de lin, les extraits de racine de ginseng ou les extraits de houblon en cônes n’ont pas d’influence sur les bouffées de chaleur.

Ces traitements symptomatiques ne fonctionnent pas sur toutes les femmes, et ont nécessairement un effet moindre que le THM sur la disparition des bouffées de chaleur. Ils sont néanmoins utiles si le THM est contre-indiqué, ou si la patiente ne souhaite pas prendre d’hormones. Lorsqu’un des traitements est inefficace, il est tout à fait possible d’en essayer un autre.

Un autre traitement potentiel contre les bouffées de chaleur, l’acupuncture, semble avoir des résultats mitigés. Cette pratique peut néanmoins aider pour les symptômes neuropsychologiques. Dans ce domaine, une thérapie cognitivo-comportementale aide à réduire l’anxiété, les symptômes dépressifs et les insomnies. Elle peut être gérée par un professionnel, comme autogérée. Beaucoup d’études sont en cours sur le sujet. Plus largement, il existe un certain nombre de pratiques contre ces phénomènes : yoga, exercices de relaxation, méditation, etc.

Certains traitements antidépresseurs ont un effet bénéfique sur les bouffées de chaleur.

Des lubrifiants ou crèmes vaginales à base d'oestrogènes ou d’acide hyaluronique sont utiles pour lutter contre la sécheresse vulvo-vaginale et le syndrome génito-urinaire de la ménopause.

Mesures hygiéno-diététiques

Les experts sont unanimes : adopter des mesures hygiéno-diététiques pour traiter la ménopause est essentiel. On peut les résumer autour de plusieurs axes : la limitation des facteurs de risque et l’entretien physique. 

De multiples pratiques à risque aggravent les symptômes de la ménopause, et c’est donc sur ces pratiques qu’il faut insister : le tabac est alors à proscrire dans la mesure du possible, l’alcool à consommer de manière très modérée, et le surpoids à contrôler, grâce à une meilleure alimentation. Cette meilleure alimentation vise notamment à adopter un régime pauvre en sucre et en graisse, et à renforcer l’apport en calcium et en vitamine D. Une bonne alimentation et une exposition au soleil minimale de 15 minutes par jour permettent ce bon apport en vitamine D, ce qui est essentiel (mais pas toujours réalisable) pendant la période de la ménopause.

L’activité physique aide également face à la ménopause, à raison de 30 minutes minimum par jour. En plus des bienfaits pour tout adulte, elle permet d’améliorer le sommeil, de réduire les états d’anxiété et de diminuer les éventuelles bouffées de chaleur. Plus loin, en ralentissant la perte de densité osseuse, ces activités contribuent à prévenir l’ostéoporose. Des exercices de renforcement musculaire et des exercices d’assouplissement et d’équilibre se prêtent à tout style de vie, et des pratiques sportives comme la course à pied, le yoga ou la natation également.

L’entretien du périnée en particulier est recommandé, voire une rééducation dans certains cas. En effet, à la ménopause, la diminution des oestrogènes affaiblit le périnée, déjà mis à l’épreuve par les épisodes de grossesse, d’accouchement par voie basse, les constipations ou la surcharge pondérale. Un périnée en forme permet d’éviter les troubles uro-génitaux ou encore les descentes d’organes. Pour maintenir son périnée en forme, il existe quelques bonnes pratiques : auto-agrandissement, ne pas pousser aux toilettes, etc. et un praticien peut recommander des exercices dans le cadre d’une rééducation du périnée suite à un diagnostic en ce sens.

Il existe différentes manières de traiter les symptômes de la ménopause, qui varient eux-mêmes selon chaque femme. C’est un sujet complexe, pour lequel il faut se faire accompagner par un médecin.

D’autant qu’à tous ces traitements et bonnes pratiques s’ajoutent des conseils, sous forme de modifications du style de vie : refroidir les pièces du logement, porter ses vêtements par couches (méthode dite “des pelures d’oignons”), éviter les déclencheurs typiques, comme les aliments épicés, trop sucrés ou les boissons chaudes.

Voilà la panoplie de méthodes qui vous permettra de traverser cette période de la manière la plus sereine possible ! Découvrez sur notre blog les articles dédiés à la ménopause.

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